Le mercredi 21 octobre 2026, je présente une communication au 21e congrès du RIODD (Réseau international de recherche sur les organisations et le développement durable), qui se tient à Reims du 19 au 21 octobre autour d’une question : résister, renoncer ou réinventer ? J’y propose un test opératoire, construit depuis la pratique de terrain, pour regarder les projets de transition sociale et écologique avec les outils de la promotion de la santé.
En pratique
- Communication : « L’autonomie est-elle encouragée, tolérée ou punie ? Un test opératoire pour penser les transitions socio-écologiques depuis la promotion de la santé »
- Session : « Penser et pratiquer autrement les transitions socio-écologiques : imaginaires pluriels, expérimentations situées et justices »
- Date : mercredi 21 octobre 2026, de 14 h à 14 h 15
- Lieu : Université de Reims Champagne-Ardenne, campus Croix-Rouge, bâtiment 18, salle 18-0017
- Programme du congrès : riodd2026.sciencesconf.org
Le point de départ : un paradoxe de terrain
Dans les projets de santé, de développement territorial ou de transition, un constat revient avec régularité : des dispositifs documentés comme efficaces sont fragilisés, réduits ou arrêtés, tandis que des approches dont les limites sont connues se maintiennent.
La question que je pose : qu’est-ce qui, dans le fonctionnement ordinaire des projets et de leurs financements, produit ce résultat ?
Une piste de réponse
La sélection du contrôlable. À efficacité comparable, un résultat normé, prévisible et attribuable à un porteur de projet est plus facile à financer et à évaluer qu’un résultat réel mais imprévisible. Ce tri ne relève pas d’une intention : il découle des critères de financement et d’évaluation eux-mêmes. Or viser l’autonomie des personnes suppose justement de renoncer à contrôler le résultat.
Un test pour localiser
La Charte d’Ottawa (1986) donne à la promotion de la santé un but : permettre aux personnes d’avoir davantage de maîtrise sur leur santé et davantage de moyens de l’améliorer. J’en retiens un objet, la capacité d’agir. Pour le rendre opérationnel, je le relie à l’autonomie, que je définis par trois critères à réunir en même temps :
- des conditions de vie favorables ;
- des choix réels ;
- des capacités réelles.
Renforcer l’un quand un autre manque revient à reporter l’échec sur la personne plutôt que sur le système. Dans ce cadre, l’autonomie ne s’oppose pas à la dépendance : elle s’oppose à la domination.
Le test pose une question simple à un projet, une organisation ou une politique : l’autonomie y est-elle encouragée, tolérée ou punie ? Il s’applique aux conditions, jamais aux personnes. On le pose sur chacun des cinq axes de la Charte d’Ottawa (politiques publiques, milieux de vie, action communautaire, aptitudes individuelles, services) pour localiser où l’autonomie n’est pas soutenue, et qui en décide.
Dans ma pratique, le verdict le plus fréquent est aussi le plus instructif : « tolérée ». C’est une autonomie accordée dans des conditions qui contiennent déjà de quoi la révoquer, comme un financement annuel sans garantie de renouvellement ou une expérimentation sans perspective de pérennisation.
Ce test repose sur une hypothèse de travail, que je développe dans un essai en cours : les mécanismes de domination repérés dans les relations interpersonnelles se retrouvent, transposés, à l’échelle des organisations et des institutions. Je la présente comme une hypothèse appuyée sur des travaux existants, et non comme un résultat démontré.
Et concrètement, sur un projet ?
Je termine par trois questions à se poser sur n’importe quel projet : quels mécanismes de domination sont à l’œuvre, et où ? L’autonomie est-elle posée comme critère prioritaire ? Comment agir de manière transversale quand on ne peut pas agir partout ?
Pour la dernière, ma réponse est méthodologique : situer le projet sur les cinq axes, agir là où c’est à portée, et documenter ses effets sur les axes non travaillés pour que d’autres acteurs puissent prendre le relais. C’est à cette condition que la coordination devient possible sans être descendante.
D’où je parle
J’interviens depuis la pratique : plus de dix ans de terrain en santé publique, à l’hôpital, en collectivité, dans les champs du handicap et de la précarité, et aujourd’hui comme consultante en santé publique et développement territorial. La question qui m’occupe est celle de l’opérationnalisation : comment faire passer dans les projets ce que l’on sait déjà. Ce que je présente à Reims est une proposition soumise à la discussion, pensée pour être praticable sur un projet en cours.
Le support de présentation
Le support de cette communication sera bientôt disponible ici. D’ici là, pour échanger sur ces questions ou sur un projet, vous pouvez m’écrire via la page Contact.
